Je suis exigeante. Je suis bien trop exigeante. Et, paradoxalement, je suis aussi très tolérante, gentille avec tout le monde et trop gentille, même. Je cherche une perfection, inlassablement. Je scrute sans le savoir, et je tolère à la fois. Ce qui, inévitablement, me torture doucement, plaie qui craque mais dont on rapproche les bords pour la voir le moins possible.
Parce que certes, je suis exigeante, bien trop exigeante. Mais la seule personne avec qui je suis intransigeante, et d'une violence sans pareille... c'est moi, pour sûr. Plus le temps passe et plus je le sais. Plus chaque petit geste s'impose comme une évidence contre moi. Alors que beaucoup de filles passent une éternité dans les toilettes du lycée (ou du boulot ?) - et j'ignore pourquoi, même en temps que fille ah ah, je n'y vais pas. Et si par malheur j'y entre j'évite avec grand soin de ne serait-ce qu'apercevoir un morceau de mon reflet. Et c'est pire. Depuis que la salle de bain de mes garnds-parents a été refaite, mon trajet quotidien quand je rentre du lycée c'est salle à manger (je dépose ma veste), pièce multifonction (je dépose mes chaussures) et salle de bain. J'ai déjà évité six miroirs, voilà. Et je baisse la tête quand je me lave les mains. Je ne supporte pas non plus de prendre un bain et de voir mon corps étalé dans la baignoire. Je ne supporte pas de me regarder dans un miroir quand j'achète un bijou. Pour des vêtements, je met quelques longues miniutes à me convaincre. C'est comme une phobie, celle de me regarder en face. Toujours cette apréhension violente, prenante, vive et douloureuse : celle de me voir, de me trouver laide. Ce qui m'arrive toujours. J'ignore le miroir comme un ennemi que l'on fait semblant de ne pas voir mais lui et vous savez pertinemment que vous avez vu. Et qu'il y a cette tentation en même temps que ce dégoût. C'est comme une fascination du corps.
Je me met autant de barrières que possible et n'arrive pas à les abattre. Je n'arrive pas à être en couple normalement, ça me rend dingue. Je ne veux pas qu'on touche certains endroits de mon corps - très normaux, du type certains endroit de mes bras, ma taille. C'est comme si quelqu'un d'autre que moi me dégoûtait, une personne extérieure. Je déteste laisser quelque chose au hasard. Je suis souvent, toujours ? persuadée que tout le monde a quelque chose de plus que moi. En l'occurence mes pires complexes que je ne peux même pas prononcer. Je ne peux pas. C'est une honte terrible, alors qu'au fond ce n'est pas logique.
J'ai mal, terriblement mal.
C'est une torture que je n'arrive pas à soigner.
Parce que certes, je suis exigeante, bien trop exigeante. Mais la seule personne avec qui je suis intransigeante, et d'une violence sans pareille... c'est moi, pour sûr. Plus le temps passe et plus je le sais. Plus chaque petit geste s'impose comme une évidence contre moi. Alors que beaucoup de filles passent une éternité dans les toilettes du lycée (ou du boulot ?) - et j'ignore pourquoi, même en temps que fille ah ah, je n'y vais pas. Et si par malheur j'y entre j'évite avec grand soin de ne serait-ce qu'apercevoir un morceau de mon reflet. Et c'est pire. Depuis que la salle de bain de mes garnds-parents a été refaite, mon trajet quotidien quand je rentre du lycée c'est salle à manger (je dépose ma veste), pièce multifonction (je dépose mes chaussures) et salle de bain. J'ai déjà évité six miroirs, voilà. Et je baisse la tête quand je me lave les mains. Je ne supporte pas non plus de prendre un bain et de voir mon corps étalé dans la baignoire. Je ne supporte pas de me regarder dans un miroir quand j'achète un bijou. Pour des vêtements, je met quelques longues miniutes à me convaincre. C'est comme une phobie, celle de me regarder en face. Toujours cette apréhension violente, prenante, vive et douloureuse : celle de me voir, de me trouver laide. Ce qui m'arrive toujours. J'ignore le miroir comme un ennemi que l'on fait semblant de ne pas voir mais lui et vous savez pertinemment que vous avez vu. Et qu'il y a cette tentation en même temps que ce dégoût. C'est comme une fascination du corps.
Je me met autant de barrières que possible et n'arrive pas à les abattre. Je n'arrive pas à être en couple normalement, ça me rend dingue. Je ne veux pas qu'on touche certains endroits de mon corps - très normaux, du type certains endroit de mes bras, ma taille. C'est comme si quelqu'un d'autre que moi me dégoûtait, une personne extérieure. Je déteste laisser quelque chose au hasard. Je suis souvent, toujours ? persuadée que tout le monde a quelque chose de plus que moi. En l'occurence mes pires complexes que je ne peux même pas prononcer. Je ne peux pas. C'est une honte terrible, alors qu'au fond ce n'est pas logique.
J'ai mal, terriblement mal.
C'est une torture que je n'arrive pas à soigner.
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